L'avenir composite du textile nordiste

Olivier Aballain

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Protèses médicales pour la cage abdominale, fabriquées par Cousin Biotech
Protèses médicales pour la cage abdominale, fabriquées par Cousin Biotech — cousin Biotech

Mobilisation générale vers le textile composite. La région, qui compte encore 17 000 emplois dans le secteur textile, a décidé de saisir les opportunités d'un secteur en croissance de 6 % par an. Une conférence rassemblant scientifiques et industriels se tient jusqu'à ce soir à Lille. En jeu, pour le club d'entreprises « Up-Tex » : innover pour créer ou sauver des emplois.

Forte valeur ajoutée
Des isolants pour l'industrie ferroviaire et automobile, des sièges pour l'aéronautique, des prothèses médicales : selon Isabelle Zeller, directrice générale d'Up-Tex, « la moitié des entreprises textiles de la région pourraient se lancer sur le textile composite ». De quoi préparer l'avenir. C'est ce qu'a réussi, notamment, Duflot Industries, à Caudry. « Nous avons mis au point des isolants phoniques collés au carrelage, pour la maison, et des textiles adossés aux sièges automobiles. Cet axe de développement permet, déjà, de préserver l'activité de l'entreprise », témoigne Clémence Rawas, directrice R&D. « C'est un marché à forte valeur ajoutée, où l'industrie textile n'a pas encore réellement réussi à s'immiscer », explique Christophe Binetruy, spécialiste à l'École des Mines de Douai. Ainsi les fibres de carbone sont souvent assemblées par de grands industriels qui n'avaient pas, au départ, de compétence textile. « Il faut que la filière régionale ose se lancer, insiste Stéphan Vérin, d'Up-Tex. Mais cela suppose un investissement dans l'outil de production, et dans la formation ». Pour Christophe Ninetruy, les entreprises comme Cousin Biotech (à Wervicq) sont encore « trop rares, et trop discrètes ». C'est pourquoi, depuis juillet dernier, Up-Tex démarche les entreprises pour leur proposer de les aider à définir leurs besoins, notamment en formation.