La grande pagaille autour de Lille

Olivier aballain

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En ralentissant deux voies sur trois pendant plusieurs heures, la CFDT Transports a semé un gros embouteillage hier sur l'A 1.
En ralentissant deux voies sur trois pendant plusieurs heures, la CFDT Transports a semé un gros embouteillage hier sur l'A 1. — M. Libert / 20 Minutes

Pour un galop d'essai, c'était plutôt animé. La journée d'hier a servi de répétition générale pour les opposants à la réforme gouvernementale des retraites, hier dans l'agglomération lilloise et la région Nord-Pas-de-Calais. Elle a commencé de bon matin avec l'opération escargot menée avec succès par la CFDT Transports, sur deux voies de l'autoroute A 1 entre Lille et Paris. Partis de la Bourse du Travail à 7 h, les syndicalistes ont provoqué jusqu'à 10 km de bouchon vers le milieu de matinée. En revanche la mobilisation commune avec les Cheminots, initialement envisagée vers 14 h, a été reportée. « Nous préférons économiser nos forces pour demain matin », confiait Fabian Tosolini, représentant de la FGAAC-CFDT en début d'après-midi. Selon nos informations, un blocage beaucoup plus intense est envisageable ce matin dès 6 h 30 aux portes de Lille.

Le train, même combat
Même bilan pour la circulation des trains, victime elle aussi hier matin de la colère des Cheminots... et des lycéens. A Lille-Flandres notamment, des retards de deux heures ont été observés suite à l'occupation des voies depuis le dépôt de Lille-Fives, jusqu'à 10 h 30 environ. Les perturbations devraient être encore plus importantes aujourd'hui, où l'on attend seulement 33 % des TER en circulation (contre 40 % prévus hier), soit le taux le plus bas depuis une semaine. Seul îlot de tranquillité pour les usagers des transports lillois, aucun préavis n'a été déposé à Transpole. « Nous avons été prévenus trop tard pour déposer un préavis en accord avec la loi sur le dialogue social, explique Patrick Trinel, de la CFDT Transpole.

Les lycéens énervés
Sans préavis, les lycéens n'ont, eux, pas hésité à prendre la rue. Malheureusement, plusieurs débordements (voitures renversées ou brûlées, vitres brisées, affrontements avec la police...) ont émaillé leurs rassemblements, notamment devant le lycée Baggio à Lille, où la police est intervenue en fin de matinée, ou à Tourcoing et Roubaix. Au total, plus d'une trentaine d'interpellations ont eu lieu dans la métropole lilloise. Tout en soutenant la « légitimité » de « l'inquiétude des jeunes », le maire de Tourcoing, Michel-François Delannoy , a regretté hier des « agissements qui tendent à discréditer le mouvement ». « Les mouvements lycéens sont moins encadrés, moins organisés », tente d'expliquer Marlène Grain, de l'Unef Lille. « Ceux qui commettent ces violences ne sont pas intéressés par les retraites, ce qu'ils veulent c'est se faire voir eux », critique quant à elle Anaïs, en première au lycée Montebello de Lille. « N'empêche, regrette sa copine Alexandra, ça fait un peu peur pour aller manifester mardi ». Le cortège lillois doit s'élancer de la Porte de Paris vers 14 h 30. Lire aussi pages 7, 8 et 10