Filière encore verte

Gaëtane deljurie

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Le Nord-Pas-de-Calais manque un peu d'idées vertes. Malgré les trophées de l'innovation (voir encadré), décernés la semaine dernière par l'Institut national de la propriété industrielle (INPI) . « Nous suivons la tendance nationale, avec plus d'un tiers des brevets déposés dans l'éco-innovation », souligne Didier Darguesse, délégué régional de l'INPI. Problème, la région ne cultive aucune « filière verte ». Le pôle de compétitivité Team², dédié au recyclage, n'a été labellisé qu'en mai.

Pas assez de visibilité des formations
Les secteurs de l'énergie verte et d'éco-construction naviguent encore à vue. Même avec une idée lumineuse, la start-up Solusun a dû se battre pour mettre au point sa borne solaire autonome. « Sans l'aide du centre de recherche de l'Ecole des Mines de Douai, notre innovation n'aurait pas vu le jour », concède son fondateur Philippe Ethuin. Heureusement que Jean-François Caron, élu vert, a eu le flair de lancer dès 2002 un centre de développement des éco-­entreprises (CD2E) à Loos-en-Gohelle. « La filière se structure doucement, au fil des nouvelles réglementations », concède Rachel Debrincat, une des consultantes du CD2E. « Les formations en environnement n'ont pas encore de visibilité », constate également Thomas Delvalle, de la Chambre de commerce Grand Lille. « Hormis Roquette et sa nouvelle gamme de plastiques végétaux biodégradables, la région manque surtout d'entreprises locomotives », confie le responsable d'un cluster. En attendant, le ministère a mis en place, cet été, un observatoire régional des métiers verts, afin d'analyser les besoins de chaque secteur. Verdict en juin 2011.

Les Trophées régionaux de l'innovation 2010 étaient pour la première fois résolument verts. Ont été distinguées Flamme Environnement (Louvroil) pour son véhicule de collecte des déchets recyclables et Hydrelis (Lille) pour un disjoncteur d'eau.