Stéphenson, l'îlot trésor architectural

Gilles Durand

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Le premier domicile rénové va également servir de maison témoin.
Le premier domicile rénové va également servir de maison témoin. — M.Libert / 20 Minutes

L'îlot Stéphenson se repeuple. Hier, le premier logement rénové de ce quartier tourquennois, au cœur de la zone de l'Union, a été livré à son locataire. Première étape d'un processus de reconquête urbaine commencé il y a deux ans. A l'origine, cet îlot de 54 maisons devait être démoli. La mobilisation des habitants va offrir un autre destin à ce quartier populaire, autrefois entouré d'usines. « Il existe un potentiel immobilier que nous avons finalement choisi de valoriser », explique Jean Badaroux, directeur de la SEM (société d'économie mixte) Ville renouvelée, opérateur des projets dans la zone de l'Union.

Symbole d'une réhabilitation concertée
Une opération de rénovation et de réhabilitation pour le moins originale s'est donc mise en place pour 30 des 54 maisons, les autres appartenant à des propriétaires privés. « On demande son avis à la population locale, ce qui est assez rare dans un projet architectural », explique l'architecte Patrick Bouchain, choisi pour mener le projet. Après deux ans de concertation et d'atelier pour définir le mode d'habitat, une première maison a été refaite à neuf : le 106 de la rue de la Tossée, occupé à partir de demain par Françoise Gros. « J'habitais à Lille, mais les loyers étaient devenus trop élevés pour moi, note cette artiste spécialisée en céramique. J'ai eu un coup de cœur pour cette maison ». Ce domicile va servir de maison témoin, le temps d'achever les travaux des autres. Une douzaine de mois seront nécessaires. « Nous avons déjà quelques demandes », avoue Jean Badaroux.
D'autant que les prix restent raisonnables. Après travaux, la valeur des maisons sera comprise entre 105 000 € et 230 000 €. « Notre méthode de travail ne coûte pas forcément plus cher et en plus, elle est écologique car elle utilise beaucoup de matériaux de récupération d'une maison à l'autre », souligne Patrick Bouchain, militant de l'habitat autogéré groupé. Cette opération globale de rénovation aura coûté 4,9 millions d'euros à la SEM.

Chauffage

En plein air, on rénove, sous terre, on construit. L'entreprise de service énergétique Dalkia installe un nouveau réseau de 3 km pour alimenter en chauffage la zone de l'Union. Dans le même temps, une nouvelle chaufferie biomasse (au bois), opérationnelle en septembre 2011, va s'ériger de l'autre côté du canal pour fournir ce réseau de l'Union. En attendant, le centre européen de textile innovant sera le premier bâtiment fourni en chauffage dès novembre.