Des nordistes au secours d'Haïti

François Launay

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Rex, c'est le nom d'un des 800 camps de réfugiés de Port-au-Prince. Une centaine de familles s'entassent sous des tentes ou même de simples bâches. Neuf mois après le tremblement de terre, rien n'a changé,comme a pu le constater, la semaine dernière, une association humanitaire nordiste, le GSCF* (Groupe de secours catastrophe français), qui s'est rendu sur place. « Il n'y a personne qui pense à nous. On est des laissés-pour-compte », se désespère Monique, qui survit dans le camp avec son fils depuis que son logement s'est effondré. Misère totale. Les rats pullulent au milieu des déchets.

Problèmes psychologiques
A Port-au-Prince, transformée en champ de ruines, ils sont un million à avoir tout perdu. Et les pouvoirs publics traînent. « Il n'y a encore aucun plan bien conçu pour que les gens retrouvent un toit en dur », explique Jean-Siba Geneus, directeur exécutif d'USICAN, une association de secours locale. Pour répondre aux nombreux besoins sur place, USICAN a fait appel à GSCF, qui s'est installé une semaine dans le camp Rex.
L'ONG nordiste est venue donner du matériel de secours, former des sauveteurs locaux et surtout organiser une grande consultation médicale. Une nécessité pour des réfugiés qui n'avaient plus vu de médecin depuis trois mois. « On constate beaucoup de problèmes psychologiques qui prennent la forme de douleurs crâniennes et abdominales. C'est lié au traumatisme du tremblement de terre », résume Joël Dudout, médecin au GCSF. L'ONG a prévu de revenir dans trois mois dans le camp. « Ne nous abandonnez pas », ont supplié Monique, Maria et tant d'autres.