rappel à l'ordre à l'arrêt du bus

Olivier aballain

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Tout le monde était déçu hier à la sortie du tribunal d'instance de Calais. Nicole Guibon, 42 ans, conductrice de bus scolaire, a écopé d'un rappel à la loi pour avoir insulté fin avril un collégien de 12 ans qui refusait de lui obéir. Les parents de l'adolescent, qui avait filmé l'échange, ont porté plainte. Interrogés par 20 Minutes, ils ont regretté que la sanction « ne figure pas au casier judiciaire » et estiment que l'on a « transformé l'agresseur en victime ».

Faire régner l'ordre
Car dès la révélation de l'affaire, mi-mai, la conductrice avait reçu de nombreux soutiens, dont celui de son employeur depuis huit ans, les autocars Schoonaert. « Elle est sympathique, même si elle sait faire régner l'ordre quand il le faut », témoignent Augustine et Alexis, deux lycéens venus la soutenir hier. « Elle ne se laisse pas marcher sur les pieds, mais elle a raison », confirment Gauthier et Kevin, élèves au même collège de Sangatte que l'élève pris à partie. Le lundi 26 avril, ce dernier a dû s'asseoir contre son gré à côté d'un fauteur de trouble déplacé par la conductrice. « On est obligé de faire régner le calme quand on doit conduire cinquante gamins en sécurité », explique Nicole Guibon. Mais les parents s'en sont ouverts à son supérieur. Le mercredi matin, la conductrice se retourne vers l'élève, qu'elle traite de «petit con », « menteur » et « vicieux ». Depuis ce jour-là, il n'a plus repris le bus et, selon l'avocate de ses parents, « souffre psychologiquement ». Nicole Guibon réclame pour la rentrée « un guide qui dise ce que l'on peut et ne peut pas faire ». « En attendant, explique l'un de ses collègues, s'il y a un trouble on n'interviendra plus ».