Concert discordant

Gilles durand

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Elle a mobilisé environ 150 militants, en même temps qu'une soixantaine de CRS. La marche antifasciste lancée samedi après-midi par le Mrap et différents mouvements d'extrême gauche n'est pas passée inaperçue à Lambersart. Les manifestants protestaient contre la tenue d'un concert privé, organisé par la Maison flamande, le soir même à Wervick, à la frontière belge. Un concert où les manifestants dénonçaient la présence de groupes aux idéaux « néo-nazis ». « Nationalistes et patriotiques », rétorque Claude Hermant, gérant de la maison Flamande.

« Peur de l'affrontement »
« L'Europe identitaire, telle qu'elle est exprimée par la Maison flamande, c'est l'exclusion des autres», s'indigne Pierre Yves Pira, conseiller municipal « Vraiment à gauche » de Lambersart. Face aux CRS postés devant la Maison flamande depuis 8 h du matin, les militants réclament au ministre Marc-Philippe Daubresse, maire de Lambersart, la fermeture de ce lieu, « un repaire de personnes qui tiennent un discours identitaire rappellant le pétainisme », affirme Julian du Mrap. Pourtant, à en croire les riverains, le lieu ne « dérange pas ». « Il y a moins de bruit qu'avant, quand c'était des motards », glisse une voisine.
En tout cas, samedi soir, seules 150 personnes se sont rendues à cette soirée, alors que les organisateurs en attendaient le double. « Les gens ont eu peur de l'affrontement » affirme Claude Hermant. La Maison flamande veut visiblement soigner son image. « Le thème de la soirée était 100 % identité, 0 % racisme », ajoute-t-il. En promettant de diffuser les vidéossur le site.

L'an dernier, une manifestation contre la maison Flamande s'était soldée par une vingtaine d'arrestations. Selon le site lille.indymedia.org, la maison flamande avait diffusé sur son site l'identité de certains interpellés.