Une métropole à défricher dans les années à venir

Thierry Butzbach

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Des friches dont on ne se fiche plus. Une mission d'évaluation des friches industrielles présente aujourd'hui son rapport au conseil communautaire de la métropole lilloise. Selon son recensement, la métropole est championne de France avec un total de 6 673 anciens sites industriels, dont plus de la moitié à Lille, Roubaix et Tourcoing.

La moitié des friches françaises
Stigmates de son histoire, la métropole compte encore 156 friches*, soit 20 % du total national. Selon l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie), la région concentre la moitié des friches françaises, avec la plus forte densité de sites pollués de l'Hexagone.
Ces friches constituent une belle opportunité en matière d'urbanisme. Surtout à l'heure où la métropole entend limiter son développement périphérique avec son concept de « ville intense ». « Il y a matière à reconstruire la ville sur la ville, notamment sur les bords de la Deûle et de la Lys », note Michel Pacaux, maire (DVG) de Frelinghien et président de la mission. A condition de chiffrer le coût de la dépollution. « Tout dépend de l'usage qui sera fait de chaque site », insiste René Vandierendonck, vice-­président (PS) de Lille Métropole chargé de l'urbanisme. A l'appui des 53 recommandations du rapport, les élus devraient statuer d'ici à la fin de l'année sur le recyclage de ces friches.

Le conseil communautaire de Lille Métropole doit adopter aujourd'hui plusieurs délibérations sur l'aménagement et la requalification de l'ancien site de Fives Cail Babcock, à l'abandon depuis dix ans. Le projet prévoit la création d'un nouveau quartier doté d'un millier de logements et divers équipements de proximité.