Les Grands Moulins ont du grain à moudre

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Si l'architecture s'effrite, la structure du bâtiment n'en reste pas moins saine.
Si l'architecture s'effrite, la structure du bâtiment n'en reste pas moins saine. — c. dhalluin / 20 minutes

Un décor digne d'un film d'horreur. A Marquette-lez-Lille, en bordure de la Deûle, les Grands Moulins de Paris ont pris des allures de château abandonné. Fleuron de l'industrie boulangère construit en 1921, le bâtiment néoclassique constitue aujourd'hui l'une des plus importantes friches industrielles de la métropole. « Ça gâche un peu le paysage. L'endroit attire des drogués, des clochards ou des prostituées », souffle Anita Pierters, riveraine depuis vingt-quatre ans. La faute au propriétaire, une société immobilière alsacienne, qui laisse faire.

Dépollution avant réhabilitation
Depuis l'arrêt de la minoterie* en 1989, des visiteurs indélicats ont peu à peu désossé le colosse. « En 1996, la préfecture et la municipalité ont pris un arrêté de mise en péril imminent pour obliger le propriétaire à sécuriser le site », rappelle Philippe Cousin, directeur du cabinet du maire. Le lieu est toujours autant squatté. Pire : en dépouillant des transformateurs, des vandales ont laissé s'épandre près d'une tonne de pyralènes (PCB) hautement toxiques. La pollution est confinée, mais la démolition se sera autorisée que moyennant une coûteuse dépollution. Pas touche non plus à la tourelle, classée à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques. Libérée des contraintes du périmètre Seveso depuis 2007, cette tourelle, seul clocher du village, attend un acheteur. Reste à trouver le projet pour une réhabilitation.G. De.