La participation bat en retraite

Gilles Durand

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Si les vuvuzelas sud-africaines ont fait leur apparition, les drapeaux sont restés maîtres.
Si les vuvuzelas sud-africaines ont fait leur apparition, les drapeaux sont restés maîtres. — C. Dhalluin / 20 Minutes

On l'annonçait historique, mais la manifestation d'hier a moins rassemblé que prévu. En rangs serrés, tous les syndicats – hormis FO qui n'appelait pas à la grève – ont défilé dans les rues de Lille entre la porte de Paris et la place de la République. Un cortège d'environ 20 000 personnes, bien loin du record du 13 mai 2003 qui avait réuni entre 30 000 et 70 000 manifestants, déjà contre une réforme des retraites élaborée à l'époque par Jean-Pierre Raffarin. Pour mémoire, le CPE avait aussi fortement mobilisé : entre 40 000 et 60 000 personnes, le 28 mars 2006.

« Rajeunissement dans les rangs »
« Il y a beaucoup plus de monde qu'en mai », se réjouit pourtant Bernard Dubreu, maire (PC) de Seclin, qui défilait au milieu de la CGT. De quoi rassurer les syndicats qui espèrent voir le mouvement prendre de l'ampleur. « La retraite est un sujet qui motive les gens », souligne Salvator Sirna, de la CFTC-Peugeot, à Valenciennes. Du côté de la CFDT aussi, la satisfaction pouvait se lire sur les lèvres. « De toute façon, chez nous, la mobilisation est maximale, sourit la secrétaire régionale Brigitte Guisse. La preuve, nous avons distribué nos 500 drapeaux. » Jean Belpalme, un retraité armentiérois syndiqué à la CGT et habitué des mouvements sociaux contre les retraites, voyait pour sa part un autre sujet de satisfaction : « J'observe un rajeunissement dans les rangs depuis quelques années. » En queue de cortège, la maire de Lille, Martine Aubry, a d'ailleurs tenu à montrer une présence symbolique.
En revanche, la grève a été fortement suivie dans les transports. La ligne 2 du métro est même restée à l'arrêt toute la journée.