Piquée au vif, la marque chasse le moustique

olivier aballain

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Les moustiques visés peuvent atteindre 2 cm d'envergure, selon les riverains
Les moustiques visés peuvent atteindre 2 cm d'envergure, selon les riverains — O. Touron / 20 Minutes

Le bourdonnement des vuvuzelas de la Coupe du Monde leur rappelle de mauvais souvenirs. Depuis cinq ans, avec l'arrivée des beaux jours les habitants du val de Marque sont assaillis par des escadrons de moustiques particulièrement coriaces. La dernière alerte a été lancée mardi, après un épisode pluvieux. Car Aedes Stictitus et Aedes Vexaens sont surveillés de près par les communes et le Conseil général : pas question de revivre le cauchemard des années 2005 et 2006.

Aux grands maux les remèdes... bio
« On ne pouvait pas mettre le nez dehors », se rappelle Claudie, une habitante du Mechalmez, à Baisieux. Sur le terrain, Delphine Bataille, vice-présidente en charge du dossier au conseil général, détaille l'adversaire : « Ce sont des moustiques diurnes (qui sortent le jour). Et ils sont très, très agressifs ». Le Conseil général a triplé son effort depuis l'an dernier en consacrant 80 000 € par an au traitement des larves. Avec une arme 100 % bio : le bacille de Thuringe. Et ça marche. « Depuis l'an dernier on a beaucoup moins de soucis. Il en reste, mais c'est supportable », raconte Rada Bounaïb, un autre riverain. « C'est un microbe qui bloque le tube digestif des larves », explique François Charlet, chef du service Eaux et agriculture au département. Mais il faut attaquer au bon moment après l'éclosion des œufs : « En général on a trois à cinq jours pour agir », poursuit François Charlet. D'où le réseau de surveillance mis en place avec l'aide des communes et l'asso SOS-Marque, qui repère les événements pluvieux. « Tout le monde s'est allié », se satisfait Bernard Chocraux, vice-président de la communauté de communes du Pays de Pévèle (CCPP). La CCPP joue sa partition en distribuant des abris à chauve-souris, et en sensibilisant la population à l'utilité de ces prédatrices qui peuvent avaler 4 000 moustiques par jour. « On essaie aussi de favoriser le retour des grenouilles et autres batraciens. Tout ça marche avec la biodiversité. Et même les moustiques ont leur place. »

origine

Les deux espèces de moustiques chassées dans le Val de Marque sont d'origine nordique, selon François Charlet, du conseil général. « Il est possible qu'ils soient portés par les courants d'air continentaux, qui sont plus fréquents qu'avant dans la région, au détriment des courants d'ouest ». L'experty voit au moins un avantage : « La région n'aurait pas à craindre la remontée d'espèces méditerranéennes porteuses de maladies, comme le moustique tigre » porteur du Chikungunya.