« Les universités lilloises doivent jouer leurs atouts »

Recueilli par Olivier Aballain
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Valérie Pécresse vient lancer un programme national aujourd'hui à Lille-3
Valérie Pécresse vient lancer un programme national aujourd'hui à Lille-3 — S. POUZET / 20 MINUTES

La ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Valérie Pécresse (UMP), lancera ce matin à Lille-III le comité Phénix 2 pour favoriser l'insertion professionnelle des étudiants en Sciences Humaines et Sociales. Mais elle évoque également pour 20 Minutes un autre grand chantier de l'université lilloise, le Plan Campus et l'excellence de la recherche nordiste.

Pourquoi avez-vous choisi Lille-III pour lancer votre comité Phénix 2 ?
Parce que l'université de Lille-III est dans un processus de constitution d'un pôle de grande envergure avec Lille-I et Lille-II, qui ont elles aussi des filières de Sciences humaines. Et qu'elle a mis en place une logique d'insertion professionnelle. C'est cette dynamique-là que je suis venue encourager, car c'est un bon exemple de changement de mentalité. D'ailleurs Lille-III a perçu 17 % de crédits en plus de 2007 à 2010 pour accompagner sa mutation. Il ne faut pas avoir une idée figée des débouchés en sciences humaines.

Qu'allez-vous annoncer ?
Le programme Phénix-2 attribuera une note, sous forme d'étoiles, aux entreprises qui acceptent d'embaucher des étudiants de l'université. Cela participera à leur notation sociale, dans une logique de partenariat. On peut faire du latin et du grec à l'université et devenir trader, comme dans les pays Anglo-saxons. Mais pour cela il faut que les universités pensent aussi à intégrer dans leurs formations un peu plus de compétences pluridisciplinaires.
Que pensez-vous du projet

de fusion des universités lilloises, et même nordistes ?
La priorité n'est pas de fusionner. Plutôt que de se concentrer sur la gouvernance, je préfèrerais qu'ils fassent avancer leurs projets pour être au rendez-vous du programme investissements d'avenir, qui mobilisera vingt-deux milliards d'euros grâce au Grand Emprunt. Lille est forte dans la recherche sur Alzheimer avec le Professeur Amouyel (de l'Institut Pasteur), il y a un travail pluridisciplinaire à faire en sciences humaines pour l'accompagnement des malades. C'est pareil avec le diabète et le Professeur Froguel (à Lille-II), là-dedans aussi il doit y avoir des sciences humaines ! Et je ne parle pas des transports avec la réflexion sur les usagers, ni même des technologies de l'information et de la communication...

Lille n'est pas bien placée

pour le Grand Emprunt ?
Lille a de grands atouts, mais il faut les jouer. Moi je veux accompagner les présidents d'université pour que les projets puissent éclore dès l'automne. L'opération campus a pris du retard, il faut faire avancer ce dossier avant le Grand Emprunt et avant de faire des réformes de structure.