Plus question de jeter l'eau de la baignade

Gilles Durand

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Agence de l'eau

Que du vert et du bleu. Depuis cinq ans, jamais les eaux de baignades n'ont été aussi propres sur le littoral du Nord-Pas-de-Calais et de Picardie. Hier, les agences de l'Eau et de la Santé ont dévoilé le palmarés 2010 des plages, qui correspond à la qualité de l'eau en 2009 (voir encadré).

Amélioration générale. En 1987, la moitié des baignades ne respectaient pas la directive européenne sur la qualité de l'eau et 14 % étaient même interdites. Le point noir du littoral français prend des couleurs, au profit d'un investissement de 400 millions d'euros pour l'assainissement. Maintenant, on peut enfiler les maillots de bain sans crainte.
Cette année, 21 lieux de baignade sont classés en « bonne qualité » et 26 en « qualité acceptable ». Seul l'étang du Pont rouge, au Quesnoy, a connu un épisode de pollution passager qui l'empêche de passer au vert.

Vilain petit canard. Un seul couac : la plage de Boulogne-sur-Mer. Depuis 1991, elle est carrément interdite à la baignade. Le problème de pollution récurrent proviendrait de la Liane, la rivière qui se jette dans la mer au niveau de Boulogne-sur-Mer. Une étude sur les sédiments portuaires sera d'ailleurs bientôt menée dans le port boulonnais. Déjà engagée dans celui de Calais, elle permet de définir les travaux nécessaires pour réduire les rejets polluants.

Notre palmarès historique. Nous avons calculé le nombre de points bleus (bonne qualité) récoltés depuis vingt ans par chaque plage. Sur la durée, le gagnant est Berck-sur-Mer, quatorze fois en maillot bleu, devant Merlimont (12), Cucq, Grand Fort Philippe et Gravelines (11). Suivent Equihen et audreselles (9). Ferment la marche Leffrinckoucke et Neufchatel-Hardelot (2), Camiers et Bray-Dunes (1) et enfin Le Touquet et Dunkerque (0). C'est Le Portel et Audinghen qui affichent la plus belle progression, parties du rouge au milieu des

années 1990.

prélèvement

Jusqu'alors, le palmarès des eaux de baignade reflètait la qualité de l'eau selon des prélévements (entre 10 et 21par site de juin à septembre)effectués l'année précédente.A partir de cet été, le calcuse fera sur quatre années de prélevements. « Un problèmede pollution se répercutera donc sur quatre ans avec des normes plus sévères, explique Ludovic Lemaire, chef de mission littoral à l'agence de l'Eau. Il n'y aura plus aucun droit à l'erreur ».