Nord : épidémie de collèges morts

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Mouvement de grogne dans les collèges du Nord

Six établissements se sont décrétés, hier, « collèges morts » afin de protester contre le projet de carte scolaire qui prévoit la suppression de 636 postes d'enseignants dans le secondaire, dans l'Académie de Lille

« Le mouvement ne fait que commencer, explique Marie-Annick Perrotin, secrétaire générale de la FCPE Nord

Il risque de s'amplifier d'ici à la fin de semaine

» Au collège Paul-Verlaine de Béthune, à l'origine du mouvement, les parents d'élèves sont venus eux-mêmes poser des chaînes sur les grilles pour empêcher les élèves d'entrer

« Cela fait une semaine que nous occupons le bureau de la directrice jour et nuit

Nous ne bougerons pas tant que le ministre n'aura pas reconsidéré cette question », explique Anne Thébault, professeur d'EPS

« C'est pas normal d'en arriver là, note pour sa part Pascal Bricout secrétaire départemental du SNES

C'est la solution ultime

» Conséquence directe des suppressions de postes, la surcharge possible des classes à la prochaine rentrée constitue la principale crainte des enseignants

« Les conditions d'apprentissage ne sont pas les mêmes dans une classe qui accueille 20 ou 25 élèves », note l'un des membres de la direction du collège Anne-Frank de Roubaix concerné par ce mouvement

« Mais la répartition des moyens n'est pas encore définitive », a répondu le rectorat

Gilles de Robien, le ministre de l'Education, devrait d'ailleurs réagir aujourd'hui à ce sujet

« Ou il annonce qu'il n'y aura aucune suppression de postes

Ou nous poursuivons le mouvement », conclut Marie-Annick Perrotin

Vincent Vantighem

bloqués Les collèges Paul-Verlaine de Béthune, Marie-Curie de Tourcoing, Jean-Baptiste-Lebas, Anne-Frank de Roubaix et Victor-Hugo d'Auby étaient bloqués hier. D'autres établissements pourraient les suivre.