Un prof pédophile condamné à Douai

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L’institution Saint-Jean de Douai entre dans la tourmente, avec treize ans de retard. Alors qu’une autre affaire de pédophilie dans l’établissement est encore en cours d’instruction, un enseignant de Français-Latin de 59 ans comparaissait hier devant le tribunal correctionnel de Douai pour agression sexuelle sur mineur en 1991. Les faits n’ont été dénoncés qu’en 2001 par un parent d’élève, relayé par le nouveau directeur. L’élève en question n’a pas voulu assister à l’audience d’hier. « Je chahutais avec lui dans une ambiance de camaraderie, et j’ai eu l’impression qu’il avait mal interprété certains gestes », reconnaît l’enseignant, qui s’était enfermé dans sa chambre avec l’élève. La cour tentera, en vain, de se faire expliquer ce « malentendu ». Un autre élève, contacté lors de l’enquête, a affirmé avoir subi lui aussi des avances, quelques mois plus tard, toujours dans la chambre fermée à clé. Un troisième garçon témoigne d’une séance de masturbation mutuelle au lieu d’un cours de soutien en français dans la chambre de l’enseignant, encore en 1991. Pourquoi n’avoir pas porté plainte plus tôt ? « Il disait que c’était normal, à l’époque je ne connaissais même pas le mot pédophile... », répond le jeune homme. Evoquant la « vogue médiatique » d’Outreau, l’ex-prof répond : « Depuis 1965, j’ai vu passer 5 000 élèves. Si j’étais malade je n’aurais pas agi qu’en 1991. » La cour prendra la peine de lire les dépositions de trois autres élèves concernant des faits antérieurs à 1991, mais couverts par la prescription. L’un d’entre eux parle de viols répétés. Le verdict, qui va au-delà des réquisitions de la procureure, en a peut-être tenu compte : trois ans de prison dont un ferme, assortis d’une obligation de soins et de l’interdiction d’exercer auprès d’enfants. Oliver Aballain