Les soupçons planent sur le gynéco

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Jugement attendu aujourd’hui à Boulogne- sur- Mer. Ungynécologue- obstétricien, poursuivi pour homicide involontaire après le décès d’un nourrisson à la clinique de La Tamise à Calais, risque l’interdiction définitive d’exercer. Le 28 décembre 2000, lors de l’accouchement de Lorry Comyn, FrédéricVelu a laissé s’écouler 47 minutes entre la procidence ( la descente vers le bas) du cordon et la césarienne. Alors que les praticiens recommandent un délai de 15 minutes pour que l’enfant n’ait pas de séquelles irréversibles. Le bébé est mort neuf jours plus tard. Si cette faute est reconnue, le professionnalisme de FrédéricVelu pourrait être d’autant plus pointé dans deux autres affaires. Dans la plainte au civil du couple Noël : le 15 août 1997, leur fils Louis est né sans jambes, sans que le médecin ne l’ait remarqué sur aucune des huit échographies. Sa responsabilité pourrait être aussi revue dans le décès de Valérie Debruyne, dont il était le gynéco, et de sa petite Océane, lors de l’accouchement, le 20 août 2000. Les experts n’ayant pas réussi à déterminer la cause exacte de la mort, le médecin et la clinique ont été relaxés en avril, mais devront comparaître en appel en février 2005. Ces trois affaires restent distinctes, mais d’autres familles reprochent au médecin – sans porter plainte – son comportement pendant les accouchements. On l’accuse d’épisiotomies mal faites ou de sutures réalisées en costume de ville. Unedizaine de ces témoignages, envoyés au couple Comyn, ont été versés au dossier. « Nous n’avons jamais reçu de plaintes » , affirme le PDG de la clinique de l’époque, Patrick Loez, qui a tout de même renvoyé Frédéric Velu en janvier 2001. « On ne s’est pas penchés sur ces lettres, on a centré l’enquête sur les diagnostics, indique- t- on au SRPJ de Lille. Même si on a vu qu’il y avait un problème avec ce médecin. » Alerté deux fois, par la clinique et par une plainte de Dany Comyn, le conseil de l’ordre des médecins n’a pas pris de sanction. « Il est classique d’attendre la décision pénale, affirme Marc Biencourt, président du conseil de l’ordre du Pas- de- Calais. Car il y a présomption d’innocence, et les experts de l’agence régionale de l’hospitalisation ne le mettent pas en cause. » Ainsi, depuis dixhuit mois, Frédéric Velu exerce dans un cabinet de gynécologie à Liévin, et tient aussi des consultations au CH de Lens. Caroline Dijkhuis