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Pied à TerreOui, Martine Aubry a le droit d’obliger les cyclistes à descendre de vélo

Lille : Oui, Martine Aubry a le droit d’obliger les cyclistes à descendre de leurs vélos

Pied à Terre
Un arrêté municipal obligeant à Lille les usagers de vélos, trottinettes et skates à marcher en zone piétonne a été attaqué en vain devant le tribunal administratif
Dans les rues piétonnes du centre-ville de Lille, les cyclistes doivent marcher à côté de leurs vélos (illustration).
Dans les rues piétonnes du centre-ville de Lille, les cyclistes doivent marcher à côté de leurs vélos (illustration). - M.Libert / 20 Minutes / 20 Minutes
Mikaël Libert

Mikaël Libert

L'essentiel

  • La mairie de Lille a pris un arrêté municipal interdisant l’usage d’engins de déplacement personnels motorisés ou non dans le centre-ville piétonnier.
  • Le tribunal administratif a rejeté la demande de suspension de cet arrêté déposée par des usagers, notamment parce que le caractère urgent n’était pas démontré.
  • Le tribunal ne retient pas non plus les arguments des usagers, notamment sur l’effet dissuasif concernant l’usage du vélo.

A pied ou rien. Début octobre, la mairie de Lille a pris un arrêté municipal contraignant les utilisateurs d’engins de déplacement personnels, motorisés ou non, à porter ou marcher à côté de leurs montures dans le secteur piéton du centre-ville. Une décision qui avait fait bondir les élus de l’opposition écologiste et les usagers, dont certains avaient d’ailleurs saisi en référé le tribunal administratif pour demander la suspension de cet arrêté. Peine perdue, du moins pour le premier round.

Concours de circonstances, la décision du juge des référés du tribunal administratif est tombée, jeudi, au même moment qu’étaient dévoilés les détails du grand départ lillois du Tour de France cycliste 2025. Dans son ordonnance, que 20 Minutes a pu consulter, le magistrat conclut au rejet de la demande des usagers, notamment par ce que le caractère urgent de leur requête n’est pas démontré.

Trois arguments balayés par le tribunal

Sur le fond, pourquoi le tribunal ne voit pas d'urgence à statuer ? Entre autres arguments, les demandeurs affirmaient que l’arrêté « impose aux cyclistes d’emprunter des itinéraires de contournement, essentiellement constitués de voies carrossables étroites et déjà très fréquentées par les voitures, et qu’il en résultera un risque accru de conflits d’usage et d’accidents ». Faux pour le tribunal, lequel souligne que la seule obligation est de mettre pied à terre.

Autre argument, cette interdiction « risque d’entraîner un effet dissuasif de l’usage du vélo » au profit d’autres moyens de transport, comme la voiture, avançaient écologistes et cyclistes. Un risque « qui n’apparaît pas suffisamment caractérisé », rejette le tribunal.

Le dernier point mis en avant par les requérants, ce sont les « nombreuses contraventions », dont la contestation « est susceptible d’encombrer inutilement le tribunal judiciaire de Lille ». Le tribunal y voit de la spéculation qui « ne peut pas être regardée comme portant, par elle-même, une atteinte à un intérêt public ».

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