L'éthique passe aussi par le local

Gilles durand

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Et si le commerce équitable passait d'abord par des échanges locaux ? Une partie du forum, qui se tient ce week-end* à Lille, sera consacrée aux relations commerciales éthiques de proximité. « La dynamique solidaire régionale est aussi importante que les relations Nord-Sud », note Christiane Bouchard, élue (Verts) à Lille, chargée du commerce équitable. Et d'évoquer comme exemple les Amap (association pour le maintien de l'agriculture paysanne) qui fleurissent dans la métropole : cinq en gestation depuis un an. « L'appétit de consommer local grandit », assure Benoît Canis, représentant du comité d'éthique Biocoop.

« C'est le consommateur

qui fera bouger les choses »
La grande distribution a flairé le filon : Carrefour et Auchan développent des partenariats avec la chambre régionale d'agriculture. « Sans entrer dans la négociation commerciale », souligne le comité de promotion de la chambre. « Parce que local ne signifie pas forcément équitable », prévient Benoît Canis. Même constat de Mickael Poillon, qui avait mené campagne lors de l'élection régionale sous l'étiquette Jeunes Agriculteurs : « Le commerce équitable, comme le bio, c'est du marketing pour les grandes surfaces. Elles ne sont pas plus vertueuses qu'avant dans les négociations. Ce qu'elles veulent, c'est du bon marché. » Les solutions, selon lui : recréer des coopératives en dehors des réseaux traditionnels et investir la restauration collective. « C'est le consommateur qui fera bouger les choses. » Et peut-être les collectivités locales. Certaines intègrent désormais des clauses éthiques dans leurs appels d'offres.