Une famille privée de maison

Gabriel thierry

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La maison de leurs rêves leur a échappé. Un refus de vente dont la cause serait l'origine maghrébine des acquéreurs, les époux Blamm. A Lens, cette affaire de discrimination au logement pourrait finir au tribunal, grâce au témoignage de l'agent immobilier de ce couple lensois d'origine algérienne. « On attendait la dernière signature du compromis de vente, explique Dalila Blamm. On s'imaginait déjà dans la maison. » C'était l'année dernière, et le pavillon, d'une valeur d'environ 125 000 €, aurait finalement été vendu à d'autres acheteurs, à un prix équivalent.

Une valeur d'exemplarité
Pour l'avocat des époux Blamm, Me Jean-Bernard Geoffroy, cette affaire, certainement jugée dans le courant de l'année, pourrait avoir une « valeur d'exemplarité ». « La difficulté, en matière pénale, c'est de réunir suffisamment d'éléments pour apporter la preuve, explique l'avocat. Sans cela, ces discriminations risquent fortement d'être classées sans suite. » Cette fois, la loi du silence a été brisée. L'association SOS Racisme devrait d'ailleurs s'associer au dépôt de plainte des époux Blamm.
Quant au logement, c'est justement l'une des trois priorités de la Halde, la Haute autorité de lutte contre les discriminations. Dans son rapport annuel, publié en mars dernier, la Halde rappelle que le logement représente 5 % des réclamations. Surtout en matière de location. « Des cas de discrimination, on en a de plus en plus, mais jamais de manière aussi flagrante », confirme l'agent immobilier des époux Blamm. Au tribunal de Béthune, le futur procès pourrait faire du bruit.