Lille : La métropole lance un péage positif, une première en France

Bonus Les automobilistes qui renoncent à rouler seuls en voiture aux heures de pointe seront récompensés

20 Minutes avec AFP
Illustration circulation automobile.
Illustration circulation automobile. — M.Libert / 20 Minutes

La métropole européenne de Lille a voté vendredi soir pour la mise en place d’un bonus versé aux automobilistes qui renoncent à rouler seuls en voiture aux heures de pointe sur les axes les plus embouteillés.

« On cible les auto-solistes », a souligné le président de la MEL Damien Castelain. Seront éligibles au bonus de deux euros par trajet ceux qui changent de moyen de transport, mais aussi ceux qui se mettent au covoiturage, et ceux qui décalent leurs déplacements à des horaires moins intenses.

Inspiré par Rotterdam

Présenté comme un « atout anti-embouteillages » pour désengorger notamment l'A1 et l'A23 le matin et le soir, cet « écobonus » inspiré d’une mesure observée par des élus lillois en 2015 à Rotterdam, est une « première en France », selon la collectivité.

La mesure, qui s’appuie sur un système de lecture automatisée des plaques d’immatriculation, a longtemps buté sur la protection des données personnelles, empêchant de stocker ces numéros sans le consentement des automobilistes.

Les automobilistes sont donc appelés à se porter volontaires à partir du printemps 2023, et leurs trajets quotidiens seront suivis grâce à la lecture des plaques. Puis 5.000 d’entre eux seront inscrits à l’été 2023, pour un premier programme de neuf mois. Chaque trajet évité en voiture déclaré sur une application donnera droit à un bonus de deux euros par trajet dans la limite de 80 euros par mois.

« Très cher payé » ?

La MEL espère par exemple une diminution du trafic de 750 véhicules sur les 12.000 présents sur l'A1 le matin aux heures de pointe, a-t-elle précisé dans un communiqué. Le dispositif, d’une durée globale de trois ans, devrait coûter environ neuf millions d’euros.

Les conseillers écologistes ont voté contre, estimant qu’un tel investissement « pour dissuader, dans le meilleur des cas, 5.000 automobilistes de prendre leur voiture » était « très cher payé ». L’élue lilloise Mélissa Camara a appelé à développer plutôt « des alternatives efficaces » à la voiture.