Sans débat, mais sous tension

gilles durand

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Drôle d'ambiance électorale à Lille-III.
Drôle d'ambiance électorale à Lille-III. — C. DHALLUIN / 20 MINUTES

Se battre plutôt que débattre. Aujourd'hui et demain, les élections d'étudiants à Lille-III (lire ci-contre) risquent de se tenir dans un climat pernicieux. Si l'événement, en général, passe plutôt inaperçu auprès des étudiants, il a le don d'exacerber les tensions entre syndicats. Comme le prouve la montée d'adrénaline, mercredi dernier. L'administration avait organisé un débat entre toutes les organisations étudiantes inscrites. Elle a dû faire marche arrière et l'annuler le jour même.

Sous le régime de la censure
« Des étudiants qui voulaient participer au débat ont été intimidés, regrette un communiqué de Lille-III. Il n'est pas acceptable que tel ou tel groupe se pose en décideur de ce qui a le droit d'être dit ou fait. L'université ne peut pas vivre sous le régime de la censure. » Le Mouvement des étudiants (MET), anciennement UNI et classé à droite, se plaint même d'avoir été viré d'une réunion où seule une cinquantaine d'étudiants avaient répondu présent. « Un petit groupe d'extrême gauche et d'anarchistes nous a empêché d'entrer », dénonce Geoffrey Bossu, du MET. « Des gens de SUD-Etudiants », précise même le syndicat Unef, proche du PS, qui déplore ce genre de procédé. Chez SUD, on nie être au cœur de cet incident, sans toutefois le condamner. « Il n'était pas dans notre intérêt que ce débat n'ait pas lieu », soutient Simon Ente, militant SUD à Lille-I.
Le problème a surpris le président de l'université, Jean-Claude Dupas, qui se déclare impuissant : « C'est un groupe de trois ou quatre personnes radicales que nous n'avons pas la capacité de sanctionner. La prochaine fois, on mettra davantage de moyens en sécurité. » Ce n'est pourtant pas la première fois que le MET se plaint de certaines pratiques musclées. « L'an dernier, nous avions été menacés et poursuivis à la fin d'une AG », relate Geoffrey Bossu. Les étudiants seront-ils aussi virulents pour se précipiter dans les urnes à une semaine des partiels ?

conseils

Les élections ont lieu tous les deux ans pour renouveler les représentants étudiants aux trois conseils de l'université : le conseil d'administration, le conseil des études et de la vie universitaire et le conseil scientifique.