Lille : Le nouveau métro, une chimère à 266 millions d’euros

TRANSPORTS Les travaux de modernisation de la ligne 1 du métro de la métropole lilloise n’en finissent plus de ne pas finir. La livraison par Alstom des nouvelles rames a déjà six ans de retard

Mikaël Libert
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En service actuellement, les métros de 26m doivent être remplacés par des rames de 52m (illustration).
En service actuellement, les métros de 26m doivent être remplacés par des rames de 52m (illustration). — M.LIBERT/20 MINUTES
  • Le chantier de modernisation du métro de Lille a été confié à Alstom en 2012.
  • La date de livraison initiale était prévue en 2016, mais les retards s’accumulent.
  • Le président de la métropole déplore qu’aucune date de sortie de crise n’ait été avancée par le constructeur ferroviaire.

Les futures rames du métro lillois, c’est un peu comme le monstre du Loch Ness, une sorte de légende urbaine. Après avoir remporté le marché de la modernisation de la ligne 1 du métro lillois, en 2012, le constructeur ferroviaire Alstom accumule les retards de livraison. Le président de la métropole, Damien Castelain, s’emporte contre un industriel qui s’avoue lui-même « incapable de finaliser les travaux dans les délais ».

Le chantier de modernisation de la plus ancienne ligne du métro lillois devait d’abord être terminé en 2016, puis 2019 puis… A ce jour, tout ce que l’on peut retenir de ces fameuses nouvelles rames de 52 m, censées remplacer les anciennes, c’est qu’elles ont provoqué une immense panne dans le métro en 2019 lors d’un test. Ce que l’on sait, c’est que le constructeur a toutes les peines du monde à faire fonctionner le nouveau système de pilotage automatique.

« Pas de perspective de sortie de crise »

Un problème qui commence à chauffer les oreilles du président de la Métropole européenne de Lille (MEL), cette dernière ayant tout de même lâché 266 millions d’euros à Alstom pour ce contrat. « La direction d’Alstom a reconnu être dans l’incapacité de finaliser les travaux dans les délais impartis et n’a pas donné de perspective de sortie de crise », s’est emporté, ce vendredi, Damien Castelain dans un communiqué.



Un préjudice pour lequel Alstom paye déjà des pénalités depuis 2019. Mais cela ne suffit plus à calmer le jeu. La MEL compte, en plus, « utiliser toutes les voies de droit possibles » et intenter des « actions » pour que le constructeur respecte les objectifs fixés. D’autant que le temps presse avec la perspective de gros événements à venir dans la métropole : la coupe du monde de rugby, l’année prochaine, et les Jeux olympiques 2024.