Les industriels aussi ont peur

Gabriel Thierry

— 

Pour les experts, c'est devenu le talon d'Achille de l'industrie. La menace informatique dans les usines était au cœur de l'un des ateliers présentés hier au 4e Forum sur la cybercriminalité, qui se termine ce soir à Lille après deux jours de débats. Un phénomène qui reste méconnu car il existe une « loi du silence à cause des risques d'image, regrette le lieutenant-colonel Philippe Davadie. Si votre entreprise se fait arrêter ses chaînes de production, elle dira qu'elle a eu des problèmes techniques. » Et cette réticence à parler est prégnante, comme chez ce consultant dans l'énergie qui préfère taire le nom de sa firme : « Le risque, c'est qu'un terroriste prenne la main sur des installations gazières », s'alarme-t-il.

Des risques aussi pour les PMI
Car un point faible est apparu récemment sur les machines fabriquées par les équipementiers : « Pour des raisons économiques, ils ont installé des logiciels courants tels que Windows ou Linux », pointe Victor Vuillard, de l'Agence pour la sécurité des systèmes d'information. Moins chers, mais plus vulnérables. « Ce sont des logiciels quasiment identiques aux outils de gestion », explique Philippe Davadie. Et donc accessibles aux pirates. De quoi donner des sueurs froides à la région, très industrielle. « Les grands groupes ont les moyens de se protéger », rassure la gendarmerie, qui a créé une « cellule d'intelligence économique » pour les PME-PMI il y a plus de quatre ans. Pour ces dernières, pas de graves risques industriels ou sanitaires, mais des conséquences économiques et sociales qui peuvent être énormes.