Sport et culture s'invitent dans le débat

Gilles durand

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Sans avoir de compétence sur le sport et la culture, la région s'en saisit. Et ne lésine pas sur les moyens : 44 millions de fonctionnement annuel pour la culture, 90 millions pour le Louvre-Lens, autant pour les futurs stades de Lille et de Valenciennes... Un volontarisme qui se transforme parfois en chasse gardée du président (PS) de région, Daniel Percheron, avec le Louvre-Lens, les expos sur l'Egypte ou le soutien aux clubs de foot pros de la région. Des méthodes qui font bondir Philippe Rappeneau, n° 3 de la liste NC-UMP : « Le budget culture dépasse celui du développement économique. Il faut sortir de cette posture pharaonique. » Mais pour Myriam Cau, opposer la culture et l'économie n'« a pas de sens » : « C'est un investissement sur des emplois non délocalisables. »

Clivage profond entre les partis
De son côté, le Front national propose une baisse de 12,8 % du budget culture, en privilégiant le patrimoine. Idem chez François Dubout, artiste et leader de la liste Ch'ti : « Les aides doivent se porter sur le patrimoine, qui attire le tourisme. Il faut arrêter le système de perfusion permanente pour les compagnies. »
Au Front de gauche, on se montre tout aussi critique sur la politique culturelle, mais pour d'autres raisons. « Attention à cette tendance à une communication culturelle au détriment d'une sensibilisation culturelle », lance Franck Vandecasteele, candidat Front de gauche et chanteur du groupe Marcel et son orchestre. La liste milite pour le retour aux valeurs de l'éducation populaire et à l'apprentissage de la natation, façon Front populaire de 1936.
Si la culture provoque un clivage profond entre les partis, le sport est plus consensuel. Sauf pour le FN, qui dénonce les budgets servant à financer des centres de foot au Sénégal.

Bilan

Le budget global de la culture est passé de 46,5 millions d'euro en 2004 à 55 millions en 2009. Plus grosse dépense (hormis le Louvre-Lens), l'événement « Valenciennes, Capitale européennne de la culture » : 12 millions d'euros. En sport, on est passé de 11 à 22 millions en six ans, sans compter les gros chantiers. Le prochain concernera la rénovation du Vélodrome de Roubaix pour 20 millions d'euros.