Une fermeture difficile à digérer

Gabriel Thierry

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Rassemblement des salariés, hier, devant le siège social du groupe Total à La Défense.
Rassemblement des salariés, hier, devant le siège social du groupe Total à La Défense. — S. ORTOLA / 20 MINUTES

La raffinerie des Flandres, c'est fini. Six mois après l'arrêt de l'usine de Dunkerque, présenté alors comme conjoncturel, la direction de Total a ­officiellement annoncé hier à ses salariés la fermeture du site. Le groupe pétrolier projette de créer à la place un dépôt logistique et un centre d'assistance et de formation. Et va également investir dans le projet de terminal méthanier conduit par EDF depuis deux ans. « On nous présente un paquet, rempli de choses déjà décidées, comme ce terminal », s'indigne Pierre de Saintignon (PS).

Les sous-traitants doivent faire partie des nouveaux projets
Michel Delebarre (PS), le député-maire de Dunkerque, insiste : « Total doit surtout apporter un projet industriel et il faut que les sous-traitants soient concernés ». Pour Marine Le Pen (FN), « Total et le gouvernement nous ont pris pour des billes ». Seule Valérie Létard (UMP) rappelle que les meubles sont sauvés, car « avec le méthanier, l'activité portuaire est garantie ».
Emboîtant le pas des salariés insatisfaits des propositions de leur direction, certains élus régionaux crient au scandale. « Une première étape du plan de casse de Total de l'industrie nationale de raffinage », selon Alain Bocquet (PC). « Du mépris des salariés et du territoire », pour Damien Carême, maire (PS) de Grande-Synthe. Qui ne digère vraiment pas la stratégie de communication choisie par Total. « Une méthode de pourris, dénonce-t-il. Ils jouent sur l'épuisement, se moquent des élus et de la politique industrielle de la France. » Pierre de Saintignon l'a promis : si le PS remporte les élections régionales, la région financera les frais de justice des syndicats. Entre les élus et Total, ça sent le gaz.