Le XXie siècle prend le train dans le nord

olivier aballain

— 

Pendant l'expérimentation de six mois, une seule rame TER sera équipée des écrans d'information embarquée (en haut). Pendant ce temps, la SNCF commenceraà réceptionner 34 voitures de TER 2N, entièrement revues, de la mécanique à la déco.
Pendant l'expérimentation de six mois, une seule rame TER sera équipée des écrans d'information embarquée (en haut). Pendant ce temps, la SNCF commenceraà réceptionner 34 voitures de TER 2N, entièrement revues, de la mécanique à la déco. — O. Touron / 20 MinutesO. Touron / 20 MinutesO. Touron / 20 Minutes

Les usagers en rêvaient. Ils vont pouvoir l'expérimenter. La SNCF a présenté hier, entre Lille et Lens, le premier train en France équipé d'écrans d'information en temps réel sur le trafic et les correspondances. Pour l'instant, seule cette rame – et une autre en Rhône-Alpes – embarque le dispositif à titre expérimental. Si les résultats sont concluants, il sera généralisé.

Eviter les galères
Le principe est simple : six écrans plats sont installés dans la rame et affichent la position du train sur la ligne, le prochain arrêt en gare et les correspondances à cet arrêt.
Mais la principale innovation est que les correspondances qui s'affichent ne sont pas théoriques mais bien réelles. Le retard du train à destination d'Arras est affiché à bord. « L'un des cœurs du projet, c'est d'être enfin cohérent avec l'information donnée en gare », explique Richard Peyrin, responsable du pôle information voyageurs à la SNCF.
Les correspondances et informations du trafic Transpole sont également relayées en temps réel. Bus compris. « Ça ne me sera pas utile très souvent, mais quand je vais à la Catho depuis la gare, c'est bien de ne pas chercher les horaires », réagit Sarah, étudiante à Lille. Le réseau de transports en commun de Lens, lui, n'est pas dans la boucle. « C'est dommage parce que c'est à Lens que les bus sont rares, et qu'il vaut mieux ne pas les rater. » Une difficulté que connaît bien Stéphanie, qui a deux correspondances pour aller de Liévin à Tournai tous les jours. « Certains soirs, je rentre du boulot à minuit parce que j'ai raté le dernier bus. Si j'arrive à anticiper, je gagnerai du temps. »

Des services à faire connaître
En réalité, le service, imaginé en juin dernier et installé en mars dans ce TER, était déjà opérationnel sur certains téléphones mobiles, via des applications proposées sur le site ter-sncf.com. Mais dans le train Lille-Lens d'hier, rempli d'abonnés, aucun n'en a entendu parler. « Il y a encore un gros travail à faire pour accompagner les clients vers ces services », concède Christophe Drecq, responsable marketing du TER dans la région.
D'autant que ce serait dommage de ne pas profiter d'un dispositif dont l'installation coûte environ 100 000 €. « Après les six mois d'expérimentation, nous nous tournerons vers la région pour discuter de l'implantation sur les autres trains », explique Jacques Goolen, directeur régional de la SNCF. Le président PS du conseil régional, Daniel Percheron, promet de les implanter « dans le plus de trains possible ». La région compte 145 TER. Chacun a coûté entre deux et quatre millions d'euros à l'achat. Reste un petit effort à faire...