Le gros chèque ne suffit pas

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C'était un autre projet de canal, mais lui a été repoussé aux calendes grecques. Dans les années 1970 et 1980, le canal Rhin-Rhône a déchaîné les passions dans le Jura. « C'est une affaire assez traumatisante. Le projet générait des emprises, par hectares, dans les exploitations », se souvient Jacques Louis, directeur adjoint de la chambre d'agriculture du Jura.

Bernard Chopard, 82 ans, faisait partie des agriculteurs opposés à ce projet. « On se disait que le sol de la Franche-Comté était trop friable », raconte-t-il. Autre point d'inquiétude : une éventuelle pollution venant des eaux du Rhin. Pour essayer de faire taire les critiques, les promoteurs du canal Rhin-Rhône vont alors sortir le chéquier. « Le coût ne les effrayait pas, s'amuse Jacques Louis. On avait obtenu un fond de reconstitution du potentiel agricole, au-delà des mesures d'indemnisation classiques ». Mais la fronde ne faiblit pas. Et en 1997, le projet est enterré. Au grand dam de ceux qui voulaient revendre. « J'avais signé. Tout était fait, regrette encore, dépité, Jacques Vuillemenot, un agriculteur de 72 ans à Fraisans, sur les rives du Doubs. Le projet aurait amené du boulot ». Et grossi son compte en banque. W

Gabriel Thierry