Dunkerque en eaux troubles

Gabriel Thierry

— 

Avis de tempête sur le port de Dunkerque. Après sept années consécutives de hausse du trafic, le port de Dunkerque a la gueule de bois. Il devrait annoncer aujourd'hui en conférence de presse une baisse de 12 millions de tonnes (-22,1 %), pour un trafic total de 45 millions de tonnes. Une diminution due à la crise et à la mise au ralenti de l'usine sidérurgique ArcelorMittal, l'un des principaux clients du port. Mais le pire est peut-être à venir : au mauvais cru 2009 pourrait succéder une année 2010 désastreuse. Car le port, classé troisième pour le commerce en France, pourrait en effet perdre sa place sur le podium.

Sauf baisse du trafic, Calais (41 millions de tonnes en 2009) dépasserait demain Dunkerque si le scénario de la fermeture de la raffinerie Total se confirmait. En 2008, la raffinerie avait réalisé un trafic de 10,2 millions de tonnes. La perte de ce trafic serait une catastrophe. « Sans l'industrie et le transmanche, Dunkerque est un port de quatrième zone », relève une source proche du dossier.

Ce scénario pourrait être évité si l'activité d'ArcelorMittal repartait à la hausse. Cela pourrait être le cas : le haut-fourneau n° 2 a repris son activité depuis une semaine. C'est l'une des bonnes nouvelles du début d'année, avec l'avancée du projet de terminal méthanier, conduit par EDF, alors qu'un projet concurrent, mené par Poweo, près du Havre, marque une pause. Ces rares éclaircies au coeur de la tempête soulignent cruellement la dépendance du port de Dunkerque envers les matières premières. W