Les wateringues sous la menace de l'eau

Gilles Durand
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En novembre, les crues ont causé de nombreux dégâts dans les villages du Pas-de-Calais.
En novembre, les crues ont causé de nombreux dégâts dans les villages du Pas-de-Calais. — E. DELPIERRE / 20 MINUTES

   Fin novembre, l'Audomarois se retrouvait sous les eaux. Cette nouvelle inondation relançait le débat sur le dispositif des wateringues, ce réseau de canaux et de stations de pompage, chargés, entre Calais et Saint-Omer, d'évacuer l'eau vers la mer. Ces fameux wateringues étaient, hier, au coeur des discussions du conseil économique et social régional (CESR), instance consultative réunie en plénière à Lille. « Il existe un réel danger de voir ce territoire inondé en permanence et ce n'est pas l'habitant de Saint-Omer, avec son petit seau, qui va résoudre le problème », lançait en amorce le président du CESR, Frédéric Motte. 

   Contrairement aux Pays-Bas et à la Belgique qui ont déjà pris la mesure du problème, la France est à la traîne. Les enjeux sont de taille : 900 km2 et 400 000 habitants sous la menace permanente de l'inondation. « L'urbanisation du territoire porte aussi une part de responsabilité », estimait le rapporteur du CESR, Jean-Luc Charley. Principal souci : le système d'évacuation aurait atteint ses limites avec les 120 m3/s que peuvent débiter les douze pompes principales. D'après le rapport du CESR, « le dernier programme de rénovation, à coût raisonnable, doit permettre d'augmenter de 10 m3/s la capacité d'évacuation, soit environ 6 millions d'euros de travaux, dont 3,7 millions financés par l'état ». Insuffisant pour Jean Schepman, vice-président (PS) du conseil général, chargé de la politique de l'eau : « Il faudrait 100 millions pour remettre les ouvrages à jour. » 

   Pour éviter ces grands travaux, le CESR préconise d'instaurer une taxe particulière qui permettrait de mieux entretenir les structures existantes. Le coût de cette taxe annuelle s'élèverait à 20 euros par habitant. Une autre solution, la plus simple et la plus immédiate, serait de recourir aux inondations volontaires de certaines zones préalablement identifiées. Les agriculteurs n'y voient, a priori, aucun inconvénient. Un premier pas encourageant. W