le statut de victime un peu mieux reconnu

Gabriel Thierry

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Le bureau d'aide aux victimes reçoit du lundi au vendredi de 9 h à 12 h et de 14 h à 17 h.
Le bureau d'aide aux victimes reçoit du lundi au vendredi de 9 h à 12 h et de 14 h à 17 h. — E. DELPIERRE / 20 MINUTES

Sur la feuille blanche, Gaëlle Carrette a écrit « dommages et intérêts ». Cette juriste de l'Association intercommunale d'aide aux victimes et de médiation (AIAVM) de Lille reçoit Justine*, victime d'une arnaque. L'escroc a été condamné, mais Justine n'arrive pas à récupérer son argent. Voilà un an que le Bavi, le bureau d'aide aux victimes, a été officiellement inauguré au tribunal de Lille, et deux mois qu'il a quitté l'étroit local partagé auparavant avec l'accueil des scolaires. Désormais, ce service, assuré par trois associations de Lille, Roubaix et Tourcoing, est ouvert tous les jours.

Au rez-de-chaussée du tribunal, ces associations conseillent les victimes, avant ou après les audiences. C'est le cas de Michèle*, qui avait été appelée en urgence par le bureau quelques ­heures avant le procès de son cambrioleur, pour se constituer partie civile. « A l'époque, mon patron avait été conciliant, mais on n'avait même pas eu le temps de manger », se souvient la jeune femme. Elle revient aujourd'hui pour connaître la suite de la procédure, mais aussi profiter d'une oreille attentive. « Ça va finir par s'arranger », rassure Corantine Heugue, une autre juriste de l'AIAVM.

Comme Michèle, actuellement au chômage, tous ceux qui frappent à cette porte n'ont souvent pas les moyens de prendre un avocat : la moitié des victimes reçues par l'association lilloise ont droit à l'aide juridictionnelle. Du coup, le bureau d'aide aux victimes, gratuit, fonctionne comme un marchepied avant l'orientation vers une procédure ou un conseiller juridique. « La législation change tellement. Même pour nous, la justice est toujours un peu ésotérique », avoue René Zanatta, le juge délégué aux victimes. Retour dans le bureau de Gaëlle Carrette. Deux autres « clients » viennent d'arriver. La juriste sort une nouvelle feuille blanche... W

* Les prénoms des victimes ont été changés pour des raisons de confidentialité.