Farid Tir a décidé de nier en bloc

Gabriel Thierry

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Farid Tir risque gros cette semaine, à Douai. Aussi, devant la cour d'assises du Nord, l'accusé, gilet beige sur pull marron, nie-t-il presque tout. Ce Roubaisien de 40 ans, déjà condamné à quinze ans de prison pour évasion, pourrait écoper de vingt ans de plus pour les huit braquages et les deux car-jackings dont on l'accuse. Vol de grosses cylindrées et braquages, ce serait la méthode « Tir ». Comme le 4 décembre 2002, quand deux hommes sont victimes de car-jacking, puis « le lendemain matin d'une attaque à la poste de Wambrechies », observe la présidente de la cour, Sophie Degouys.

Ces vols de voiture avec violence ont concentré l'intérêt des jurés de la cour d'assises, hier. En face de la figure du banditisme nordiste, la PJ de Lille. Gérard, ancien policier, explique que c'est le signalement d'un témoin, à une station-service de l'autoroute Lille-Valenciennes, qui permettra d'identifier Farid Tir comme le conducteur d'une Audi grise, la marque des voitures volées. Sur les écrans vidéo de la cour, les images tirées de la vidéosurveillance défilent. « Un air de ressemblance ? », demande la présidente. « C'est flou. C'est une blague ce que vous montrez », rigole Farid Tir. Lui reconnaît seulement le recel d'une Audi, celle dans laquelle il est arrêté quelques jours plus tard, et le port d'une arme. Il explique avoir gagné la voiture au poker au cours d'une partie longue de trente-six heures avec « Kiki », lequel aurait fini à sec et avec une dette de 12 000 euros. Visiblement, Farid Tir est en forme et ne veut pas s'arrêter là. Lorsqu'on lui demande pourquoi il avait une arme, il répond très sérieusement qu'il « avait peur d'être victime d'un car-jacking ». Verdict attendu pour jeudi. W