Entendus par la police après avoir aidé des migrants

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Leur coup de main aux migrants pourrait leur causer de gros ennuis. Hier après-midi, soutenus par une soixantaine de militants, Jean-Marie Devulder et François Braure ont été auditionnés par la police de l'air et des frontières, dans le cadre d'une enquête menée après des travaux effectués sur le camp de Loon-Plage. Un « délit de solidarité », selon Jean-Marie Devulder, diacre et membre du Secours catholique, qui a indiqué que c'est le port de Dunkerque qui avait porté plainte.

Indignés par les conditions de vie des migrants, les deux hommes avaient creusé une tranchée avec une pelleteuse pour drainer les eaux de pluie, le 27 novembre. Or, la friche se situe en zone portuaire. « On ne le savait pas, mais ça n'aurait rien changé, avoue François Braure. Je voyais les migrants dans l'eau sans chaussettes. C'est scandaleux. » Ce négociant en pompes funèbres fournit l'engin. Sans prendre conscience des risques. « On m'a expliqué qu'il y avait des conduites de gaz, des câbles électriques. Que j'aurais pu faire sauter Dunkerque », précise-t-il après son audition. Il risquerait cinq ans d'emprisonnement pour avoir aidé des étrangers en situation irrégulière. Le dossier devrait bientôt atterrir sur le bureau du procureur, Philippe Müller, qui décidera des suites à donner à la plainte. W

Gabriel Thierry