La mère de Typhaine va être mise en examen

ENQUETE Le procureur de la République a évoqué des «violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner» et la «dénonciation de crimes imaginaires»...

J. M. et O. A. à Lille

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Anne-Sophie Faucheur, mère de Typhaine, et son concubin le 24 juin 2009.
Anne-Sophie Faucheur, mère de Typhaine, et son concubin le 24 juin 2009. — AFP PHOTO / NICOLAS LECLERCQ
Dernière info: La mère de Typhaine va être mise en examen pour «violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner» et «dénonciation de crimes imaginaires».

Ce n’était pas une garde à vue pour rien. La police judiciaire de Lille a confirmé les aveux de la mère de Typhaine , 5 ans, dont la disparition a été signalée le 18 juin dernier. Alors que la piste d'un accident domestique est évoquée, le procureur de la République de Valenciennes a annoncé qu'Anne-Sophie Faucheur allait être mise en examen pour «violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner» et «dénonciation de crimes imaginaires».

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Anne-Sophie Faucheur, 23 ans, avait été placée en garde à vue pour la deuxième fois la veille. Après avoir, pendant des mois, nié savoir où se trouvait sa fille («disparue à un croisement» dans le centre de Maubeuge), elle a finalement confié aux enquêteurs qu’elle était morte. Reste à savoir dans quelles circonstances.

Mise face à ses contradictions au cours de sa garde à vue, la mère a fini par reconnaître que Typhaine était morte. Mais sa nouvelle version, évoquant une chute dans les escaliers puis une autre dans la douche n'a pas convaincu les enquêteurs.

La mort cachée pendant 8 jours

En réalité, selon sa mère, Typhaine serait décédée le 10 juin, soit 8 jours avant que sa «disparition» ne soit signalée. Pour dissimuler le décès, Anne-Sophie Faucheur a même déguisé une autre de ses filles avec les vêtements de Typhaine avant de l'emmener, le 18 juin, à la Cpam de Valenciennes. Un agent d'accueil aurait par la suite formellement reconnu les habits, induisant les enquêteurs en erreur.

Le rôle de son concubin, Nicolas Willot, 24 ans, qui reste en garde, est à éclaircir. L'homme aurait écarté la thèse de l'accident, évoquant des violences à l'encontre de la fillette. Sans pour autant charger sa compagne, puisqu'il n'aurait pas écarté sa propre participation.

Le corps enterré en Belgique

Sur indications de la mère, des recherches se sont orientées vers la Belgique, où Nicolas Willot aurait enterré le corps. Mais ce dernier étant «incapable de lire une carte», les investigations n'ont pu réellement avancer, selon le procureur de la République de Valenciennes.

Le père de la fillette, François Taton, s'est dit «anéanti et désespéré» après les aveux de son ex-compagne. «Il y avait de moins en moins d'espoir, mais jusqu'au bout il y a cru. Il a toujours voulu occulter l'hypothèse de la mort de Typhaine pour pouvoir continuer à vivre», a déploré son avocat Raphaël Théry.

Périmètre de recherches étendu en Belgique

Selon les informations de notre journaliste sur place, le périmètre des recherches sur le territoire belge serait en effet particulièrement étendu.

Une voisine de la famille a confié à 20 Minutes que le couple avait toujours «caché la fillette, comme s'ils en avaient honte». La riveraine s'est étonnée qu'étant données les circonstances, la mère de Typhaine ait pris soin de peindre «Joyeux Noël» sur ses vitres.