VNF interpellé par les élus

Gilles Durand

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Le canal de Mardyck est resté étrangement bas pendant tout le week-end.
Le canal de Mardyck est resté étrangement bas pendant tout le week-end. — E. DELPIERRE / 20 MINUTES

Un seul siphon vous manque, et tout est détrempé. Le sujet a alimenté les discussions ce week-end à Recques-sur-Hem et Polincove, deux villages près de Saint-Omer qui ont le plus souffert des inondations durant le week-end. A l'origine de la grogne, une constatation des habitants : le niveau du canal de Mardyck, à quelques kilomètres de là, est toujours resté très bas. Or, c'est dans ce canal que, naguère, les eaux de la Hem se jetaient via un siphon. « Il y a une quinzaine d'années, les Voies navigables de France (VNF) ont décidé de boucher ce siphon qu'elles considéraient trop cher à entretenir », déplore Yves Beugnet, maire de Polincove.

« Pourtant, siphon ou pas, la rivière serait de toute façon sortie de son lit avec ce qui est tombé en trois jours », reconnaît Christian Pette. Le maire de Recques-sur-Hem a fait le calcul : « A l'époque, le siphon débitait 1 m3 par seconde. Au plus haut de la crue, le débit d'eau était de 40 m3. » Ce qui n'empêche pas l'élu d'interpeller aussi les VNF : « Je ne suis pas ingénieur hydraulique, mais il doit exister une solution pour que nous ne soyons pas inondés régulièrement [une fois en 2003 et deux fois en 2006]. » Contactées pour s'expliquer, les VNF n'ont pas donné suite. « On a l'impression qu'ils nous écoutent, mais qu'ils ne nous entendent pas », se plaint Yves Beugnet, bien décidé à ne pas en rester là. Une rencontre doit avoir lieu prochainement avec la sous-préfecture de Saint-Omer. Ce sera l'heure des comptes. Les dégâts s'annoncent considérables : une cinquantaine de maisons touchées dans les deux villages et des routes abîmées. W