Les zones grises attendent le vrai haut débit

Olivier Aballain

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L'offre vantée à l'entrée de la ville.
L'offre vantée à l'entrée de la ville. — E. DELPIERRE / 20 MINUTES

« Et toi, t'as combien ? » Bienvenue à Santes, 6 000 habitants, « zone grise » du haut débit. Ici, la vitesse de connexion à Internet fait partie des conversations quotidiennes. La commune est raccordée à l'ADSL, mais avec un débit médiocre dû à l'éloignement du central. Plus que les 1,8 % du territoire nordiste non-branchés (zones blanches), ces zones grises constituent l'un des principaux enjeux de la couverture numérique régionale, évoquée hier au Parc Euratechnologies de Lille.

« En fait, on paie 30 euros par mois, mais on a seulement Internet. » Comme chez Delphine et Joaquim, qui tiennent le café la Pichotte en centre-ville, les débits Internet à Santes oscillent entre 512 kg et un mégabit/sec. Cinq à dix fois moins que ce qu'il faut pour le fameux « Triple-play » combinant téléphone, Internet et télévision. Une offre pourtant vantée en panneaux 4x3 à l'entrée de la ville... « C'est ça, le problème, analyse le maire, Philippe Barret. Les opérateurs vendent des offres qu'ils ne peuvent pas tenir. » Car les clients sont là : Santes, qui fait partie de LMCU, attire de plus en plus de jeunes urbains. Comme Marie-Noëlle, qui s'est installée il y a un an. « A Mons-en-Baroeul, la télé par ADSL marchait très bien. Ici, ça coupe tout le temps. » Un habitant a lancé une pétition qui rassemble 850 signatures. Aux dernières nouvelles, la généralisation du « vrai » haut débit à Santes coûterait 600 000 euros. Mais personne ne se bouscule pour régler l'addition. W