Dalongeville sort de prison mais pas des ennuis

JUSTICE L'ancien maire de Hénin-Beaumont est placé sous contrôle judiciaire...

Olivier Aballain

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 Gérard Dalongeville, le 2 décembre 2008.
 Gérard Dalongeville, le 2 décembre 2008. — BAZIZ CHIBANE/SIPA

L'obstination paie. Après une quinzaine de demandes de remise en liberté, l'avocat de Gérard Dalongeville vient d'obtenir la libération de son client. L'ancien maire (DVG) de Hénin-Beaumont avait été incarcéré début avril 2009 dans l'enquête sur des détournements de fonds. Deux complices présumés arrêtés au même moment, Claude Chopin, son ancien premier adjoint et l'homme d'affaires Guy Mollet, avaient été libérés dès cet été.
 
Sévère contrôle judiciaire

Mais jusqu'ici, le parquet s'était toujours opposé aux demandes du principal mis en cause en invoquant «les nécessités de l'enquête». Pas cette fois, où selon une source judiciaire, «la libération ne posait plus problème pour l'enquête». Didier Cattoir, le défenseur de Gérard Dalongeville, dénonçait depuis l'été le «traitement incroyablement sévère» réservé à son client, lequel risque un maximum de dix ans de prison pour les faits qui lui sont reprochés. Didier Cattoir menaçait même de saisir la Cour européenne des Droits de l'homme.

La libération décidée par la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Douai s'assortit évidemment d'un contrôle judiciaire: le suspect devra pointer toutes les semaines au poste de police ou de gendarmerie de son domicile. Et ce sera dans les Vosges, où l'ancien maire possède une maison de famille. Fait inhabituel, la chambre de l'instruction a d'ailleurs demandé à Gérard Dalongeville de fournir une garantie de 30.000 euros sur ce bien, afin que l'argent d'une éventuelle revente n'échappe pas à la justice si besoin. On n'est jamais trop prudent.