« Les nanoparticules sont l'avenir »

Recueilli par Thierry Butzbach

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Le débat sur les nanotechnologies arrive aujourd'hui à Lille. Quelles sont les avancées permises par les nanoparticules dans le textile ?

Éric Devaux : Des travaux de recherche portent sur la déperlance. Avec un traitement très fin de la surface, on arrive à obtenir un tissu sur lequel l'eau ou la graisse glissent. Donc un tissu imperméable et moins salissant. Au-delà de l'aspect technique, l'objectif est aussi d'offrir au tissu des fonctionnalités nouvelles : à l'Ensait [Ecole nationale supérieure des arts et industries textiles], nous travaillons sur des nanotubes de carbone qui, une fois mêlés à la fibre, servent de capteurs qui renseignent sur l'environnement du tissu.

Quelles sont les applications de ces tissus « fonctionnels » ?

Elles sont nombreuses. Ce peut être le vêtement de pompier, qui prévient quand la chaleur devient critique, ou le vêtement de protection, qui montre la présence d'un produit toxique. Il existe aussi des capteurs mécaniques, qui indiquent, par exemple, l'évolution des fissures dans les bâtiments ou les ouvrages d'art. Toutes ces nouvelles applications font des nanoparticules l'avenir du textile.

Cela présente-t-il un risque pour l'organisme ?

Les nanoparticules existent depuis l'Antiquité, notamment sous forme de pigments. Elles sont très diverses et certaines sont déjà bien identifiées. Mais il faut être vigilants sur les autres. Les techniques d'encapsulation, qui travaillent au millième de mètre, ne présentent aucun risque. Mais les nanoparticules, d'un millionième de mètre, peuvent être inhalées, ingérées ou traverser la peau pour se retrouver dans le sang.

Faut-il appliquer le principe de précaution ?

La nocivité de chaque nanoparticule doit être étudiée. La toxicité est la combinaison d'un produit nocif et d'une certaine quantité. Tous les projets font l'objet d'une d'étude toxicologique sur la manipulation, l'usage et le recyclage. W