« Développer la curiosité »

Recueilli par Gilles Durand

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Depuis un an et demi, vous participez à l'enquête Sensored (voir encadré). Quelle est votre méthode ?

Nous tentons d'amener les élèves à changer leur regard sur les aliments avec une approche sensorielle. On s'aperçoit que le fait de répéter qu'il faut manger des fruits et légumes n'a aucune efficacité. Pour qu'ils acceptent plus facilement de goûter, il faut développer la curiosité des enfants. C'est l'objectif des classes de goût que nous mettons en place.

Concrètement, comment faites-vous ?

Par exemple, on présente le même produit sous différents aspects. En goûtant, les enfants s'aperçoivent que seule la bouche peut définir le goût. La perception par les yeux est parfois trompeuse. Trop souvent, les enfants sont victimes de la publicité ou de leur environnement. Ils sont dépossédés de leur savoir et de leur compétence alimentaire. Nos séances doivent leur permettre de faire des choix avisés.

La faible consommation de légumes et de fruits est-elle plus criante dans notre région ?

C'est vrai. Mais ce problème n'est pas spécifique au Nord-Pas-de-Calais. En règle générale, les enfants n'aiment pas manger de légumes.

Pour quelles raisons ?

Ils s'aperçoivent que ça ne remplit pas le ventre et se tournent naturellement vers des denrées qui rassasient davantage. Notre organisme est bien fait. Il s'est progressivement adapté aux périodes de disette que l'humanité a toujours connues. Or, aujourd'hui, avec tous ces aliments à disposition, nous n'avons plus besoin de faire de réserves. W