La voix des irréductibles valenciennois

François Launay

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Pour comprendre le combat de Michel Vermeersch, un regard dans son jardin suffit. Depuis le début des travaux du nouveau stade valenciennois, un mur de cinq mètres trône au bout de sa pelouse. « Les gens qui voient ça comprennent notre action », se justifie le retraité de 63 ans, propulsé porte-parole de « Citoyens à Nungesser ». Forte de ses 200 irréductibles, l'association est devenue un cauchemar pour Valenciennes Métropole, obligée de revoir sa copie il y a cinq mois, jour pour jour, sur décision du tribunal administratif de Lille. « ça rassure de voir que la justice fonctionne », sourit Michel Vermeersch, conscient que ce n'était pas gagné d'avance dans une ville où l'ancien maire et la présidente de l'agglomération sont au gouvernement.

Propriétaire depuis dix-huit ans, cet ancien cadre du privé ne s'attendait pas à voir pousser une telle enceinte derrière son jardin. « Je m'étais renseigné avant d'acheter. On m'avait dit qu'il n'y avait rien de prévu avant 2000. De là à imaginer qu'il y aurait un stade... », se rappelle l'opposant. Droit dans ses bottes, Michel Vermeesch ira jusqu'au bout de son combat et dénonce les méthodes à marche forcée de l'agglomération. « On détruit l'environnement des autres sous prétexte d'aller le plus vite possible. Mais on ne construit pas un stade dans l'urgence », regrette l'opposant.

Devenu impopulaire dans une ville où le foot est roi, le riverain reste stoïque, nullement déstabilisé par les menaces. « J'ai reçu des lettres de gens nous demandant d'arrêter. J'ai même lu sur des forums de supporters « On va brûler leurs maisons ». Mais ça reste de la provocation », se rassure le porte-parole. Ce dernier ne regrette qu'une chose : « Si notre recours était passé avant le début des travaux, on n'en serait pas là aujourd'hui. »