Fichage de gueules en cours au tribunal de Douai

Olivier ABALLAIN

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Antoine Jean, producteur de lait militant.
Antoine Jean, producteur de lait militant. — E. DELPIERRE / 20 MINUTES

Un rendez-vous pour marquer le coup. Une cinquantaine de militants verts et alternatifs étaient rassemblés hier à deux pas du tribunal de grande instance de Douai. Leur mot d'ordre : soutenir Antoine Jean, producteur de lait et militant de la Confédération Paysanne, assigné pour avoir refusé de laisser prélever son ADN. Me Emmanuel Riglaire, avocat du prévenu, a obtenu hier le report de l'audience au 12 janvier, qui sera moins chargé. « Je pense que les débats nécessiteront une bonne heure », a plaidé l'avocat.

Car en coulisses, les militants confient qu'ils comptent bien faire une tribune de chacun de leurs procès. « Nous, on n'accepte pas que le monde aille à sa perte », explique Bernard Coquelle. Ce maraîcher nordiste est un habitué, puisqu'il a déjà été condamné trois fois pour refus d'ADN, dont une fois suite à la même affaire qu'Antoine Jean : une action syndicale menée dans la semaine de Noël 2004 à l'usine Nestlé de Cuincy, pour redistribuer des yaourts dans un quartier populaire. Six activistes avaient été condamnés à 800 euros d'amende en juin 2008. Et à l'inscription sur le fichier des empreintes génétiques, selon la loi du 18 mars 2003.

Tout cela inquiète Elisabeth Darras, également syndicaliste : « On a été placés en garde à vue en 2004, puis condamnés pour une action syndicale similaire à la grève du lait [tenue en septembre]. Ce n'est pas agréable. » Pour Bruno Robin, secrétaire départemental de la FSU, ces procédures « visent à mettre la pression pour éliminer toute possibilité de contestation ».

Pierre Rose, secrétaire du DAL Nord-Pas-de-Calais, sous la menace d'une plainte après la « réquisition » d'un bâtiment vide en plein hiver à Lille, a opté pour la contre-attaque. « On a porté plainte pour abus de pouvoir contre la préfecture, qui nous avait expulsés sans arrêté en bonne et due forme. » W