La concurrence à tout crin craint

Gilles Durand

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Dominique Cresson (association Rhizomes).
Dominique Cresson (association Rhizomes). — R. CRESSON

Les appels d'offres publics, c'est pas automatique. Deux réseaux montent au créneau* pour dénoncer la mise en concurrence des associations sur les marchés publics, qui tend à privilégier le facteur prix au détriment de la qualité. Il s'agit de Rhizomes, association d'aide à la création d'activités liées à l'économie solidaire, et des Acteurs pour une économie solidaire (Apes).

Dans le collimateur des assoces en colère, les appels d'offres lancés de plus en plus fréquemment par les pouvoirs publics, dans tous les domaines. « Or, précise Patrick Loquet, maître de conférences en droit à Valenciennes, la directive européenne n'oblige pas les collectivités locales françaises à mettre systématiquement en concurrence les prestataires de services à caractère social. » Certains secteurs qui ne sont pas purement marchands pourraient donc échapper aux appels : la santé, l'éducation, la formation, l'insertion ou la culture par exemple. Ce sera prochainement le cas pour les chantiers d'insertion, d'après Patrick Loquet. Le ministère des Finances lui aurait envoyé un courrier dans ce sens. « Ce serait une avancée, souligne Pierre de Saintignon, vice-président [PS] de la région, chargé de la formation. Je me suis prononcé pour un service régional public de la formation professionnelle, si la loi nous le permet. » Pour Dominique Cresson, de Rhizomes, vouloir travailler avec certaines associations résulte avant tout d'une volonté politique. « Le monde associatif paie les conséquences des affaires judiciaires et traîne une suspicion de clientélisme, reconnaît-il. Mais c'est aux collectivités publiques de justifier leurs choix politiques. » W

* Un premier débat public est organisé, jeudi à 19 h 45, salle Masquelier, rue Jules-Guesde à Villeneuve-d'Ascq. Le second est prévu samedi 28 novembre à 11 h, à la mairie de Roubaix.