L'asile politique mène à la rue

Gabriel Thierry
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   A la rue, dès la sortie du centre de rétention. Mardi, c'est ce qui est arrivé à un migrant, à qui on a refusé l'asile politique après trente-et-un jours de rétention. Il est désormais sommé de quitter le territoire. Deux autres migrants, Mohammed et Saïd, ont connu la même histoire il y a dix jours, mis à la porte du centre de rétention, l'un de Coquelles, l'autre de Lesquin, sans solution d'hébergement. Seule différence, mais de taille : eux ont obtenu l'asile. Ils faisaient partie des quatorze Afghans passés en référé devant le tribunal administratif de Lille, le 20 octobre, jour de l'expulsion collective. « Je ne connais personne ici, témoigne Mohammed, 22 ans. Je n'avais nulle part où aller, à part la jungle de Calais. » Comme Saïd, il est finalement hébergé près de Lille par des militants, en attendant d'obtenir son récépissé de demande de carte de séjour. 

   D'ordinaire, le dépôt d'une demande d'asile permet d'obtenir une autorisation provisoire de séjour (APS), qui donne alors droit à une demande d'hébergement dans un centre d'accueil. « Pas cette fois-ci, regrette Gaston Debard, président de la Cimade à Lille. Le préfet a refusé l'autorisation. » Après contestation de cette décision, la Cimade a réussi à convaincre Mohammed et Saïd de rester sur Lille. Quatre autres migrants, qui ont réussi à obtenir l'asile, ont disparu dans la nature. Jugés mineurs par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, deux d'entre eux bénéficient d'une suspension de la décision préfectorale. Ils restent désormais sans domicile. Sans connaître leurs droits. W