Existe-t-il un vaccin contre l'habitat indigne ?

Gilles Durand

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« Interdiction de loger : habitat indigne. » Depuis quelques semaines, la ville de Tourcoing a apposé ce genre de message sur une dizaine de maisons anciennes particulièrement délabrées. Une quarantaine d'autres lieux pourraient être stigmatisés de la même manière dans les semaines à venir, témoignant ainsi d'une volonté de la mairie d'en finir avec les logements insalubres du parc privé.

« Nous voulons inciter les propriétaires à mettre leur logement aux normes », explique Vincent Lanoo, 1er adjoint au maire. Avec Roubaix, Halluin, Wattrelos et Faches-Thumesnil, Tourcoing oblige, depuis neuf mois, les propriétaires de logements de plus de trente ans à déposer une déclaration lors d'un changement de locataire. Sur les cinq cents déclarations reçues à ce jour, seule la moitié des propriétaires ont accepté de jouer le jeu. « On ne peut pas obliger le propriétaire à nous ouvrir ses portes », se désolerait presque Vincent Lanoo. Alors, la mairie s'attaque aussi au porte-monnaie. Elle a noué un partenariat avec la caisse d'assurance familiale, lui permettant de vérifier l'état des habitations, afin de valider le versement d'allocations logements.

Bilan, sur 638 logements visités, un tiers présente des problèmes. « Nous avons une soixantaine de dossiers très lourds à gérer, précise Frédéric Hostyn, responsable du service hygiène et santé de Tourcoing. Nous ne sommes pas dans des cas de marchands de sommeil, mais de propriétaires qui, pour des raisons professionnelles ou familiales, ne s'en sortent plus. » Le recensement n'en est qu'à ces débuts. En plus, il existerait près de mille logements totalement à l'abandon sur Tourcoing. W