Stéphane Richard promet un management plus participatif

Gilles Durand

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Le directeur général adjoint de l'opérateur téléphonique a tenté de rassurer ses troupes.
Le directeur général adjoint de l'opérateur téléphonique a tenté de rassurer ses troupes. — E. DELPIERRE / 20 MINUTES

« Le phénomène de stress n'est pas propre à France Télécom ». En visite hier sur une plate-forme technique à Lens, le nouveau n° 2 de France Télécom, Stéphane Richard (ancien bras droit de la ministre de l'Economie, Christine Lagarde), avait la lourde tâche de rassurer le personnel, après la vague de suicides qui a touché l'entreprise. Le directeur général adjoint a réaffirmé ses intentions : « Il faut redonner davantage d'autonomie au niveau local » et tenir des assises où « chaque salarié pourra s'exprimer ». Rien de concret en revanche sur la poursuite des restructurations, gelées pour l'instant jusqu'en fin d'année. Pire, le projet de regroupement des activités sur trois sites (Lens, Lille et Valenciennes) est carrément démenti par Gilles Prunier, directeur territorial du Nord. « Il n'y a pas de restructurations en vue », assène-t-il. L'objectif Orange 2012, baptisé « Plus loin ensemble », aurait-il été présenté par erreur aux salariés de France Télécom-Orange en novembre 2007 ?

Les erreurs de management restent au coeur des polémiques. « Nous sommes livrés à nous-mêmes, glisse un salarié de la plate-forme de Lens. Quand on a un souci, il faut se débrouiller. On a l'impression que les cadres ne sont là que pour nous mettre la pression et non pour nous aider. » A écouter les syndicats, le problème ne semble pas près d'être résolu. « Le management par la terreur n'est pas nouveau, il a été mis en place en 2002 avec l'arrivée de Thierry Breton, affirme Laurent Geneau, délégué SUD. On croira au changement quand on arrêtera par exemple d'infantiliser les commerciaux avec des challenges débiles et d'utiliser les écoutes téléphoniques pour noter les agents. » La CFDT n'y croit pas plus. « Stéphane Richard a annoncé que demain serait différent. J'ai peur que ce soit pire », note Sylvie Dubois, déléguée du syndicat. « Cette stratégie inhumaine de management, nous l'avions senti venir et dénoncée au moment de la privatisation », souligne Francis Breux, responsable de la CGT.

Toutes ces questions, Stéphane Richard assure vouloir les prendre une par une, sans pour autant remettre en cause la « nécessaire adaptation ». « Il faut prendre en compte l'évolution de nos métiers, affirme-t-il. On ne travaille plus comme dans les années 1970. » Transmis aux salariés de France Télécom-Orange âgés de 50 à 60 ans, qui ne se seraient pas encore adaptés aux nouvelles technologies. W