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« On peut vivre en bonne intelligence avec des imbéciles. Les problèmes commencent quand on s'attaque à leur imbécilité. »

Etude de la misanthropie ordinaire, le livre de Christophe Etemadzadeh est un coup de gueule contre l'école, une jungle qu'il a fréquentée dans sa courte carrière d'enseignant. Les collèges « Truc » et « Machin », comme il les baptise, se situeraient dans le Maubeugeois : une zone interdite. Aucune confirmation de l'auteur qui n'aime pas davantage les journalistes que les enfants.

Etemazadeh décrit le quotidien d'un prof dépassé par la stupidité de ses élèves et l'apathie de l'Education nationale. Il ne donne aucune leçon dans ce livre. Pas plus qu'il n'en faisait en cours. Désabusé, mais avec un sens aigu de l'humour noir et la méchanceté comme arme de défense.

Prétentieux, insupportable, méprisant, bougon, je-m'en-foutiste ? Tout sauf ennuyeux, Christophe Etemadzadeh livre un constat cruel dans un style simple et virevoltant. Deuxième degré ? Peut-être ? Il pose les limites d'un système en le caricaturant joyeusement, sans se réfugier derrière les bons sentiments ou la démagogie. « Les sociétés modernes ont la capacité de contrôler les ignorants, de les manipuler et d'en faire des sortes d'esclaves. Ça évite de partager les richesses. Un pauvre cultivé pourrait, qui sait ? Devenir marxiste. » Et lucide avec ça !W

Gilles Durand

13.euros, 147 pages, éditions Denoël