Bientôt deux maires ?

Olivier Aballain

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Retour vers le futur à Hénin-Beaumont : le rapporteur public du tribunal administratif de Lille a recommandé hier l'annulation de la suspension du maire, Gérard Dalongeville. Placé en détention provisoire le 9 avril, il avait été suspendu par un arrêté signé du ministère de l'Intérieur en date du 27 avril. Gérard Dalongeville fait toujours l'objet d'une enquête pour détournement de fonds publics, débutée à l'été 2008 et relancée par une perquisition spectaculaire en mairie le 7 avril. Depuis, son avocat Me Didier Cattoir n'a de cesse de dénoncer « le traitement judiciaire d'exception » dont serait victime son client. Et il contre-attaque à tout va. Une quinzaine de demandes de remise en liberté ont été déposées, en vain (sauf une fois, annulée par la chambre de l'instruction).

Il pourrait avoir plus de succès au tribunal administratif, dont la décision, attendue dans les deux semaines, suit en général l'avis du rapporteur public. Dans son exposé, ce dernier a en effet relevé que l'arrêté de suspension ne mentionne pas « quel acte prescrit par la loi n'est pas respecté ». S'il est retenu, l'argument devrait d'ailleurs servir également au Conseil d'Etat, où Didier Cattoir a attaqué la révocation du maire. Prononcé en conseil des ministres le 27 mai, un mois après la suspension, c'est cet acte qui a provoqué l'organisation d'un nouveau scrutin. « S'il est annulé, Hénin-Beaumont aura deux maires », s'amuse Didier Cattoir. « Ce serait dramatique car la ville a déjà bien d'autres problèmes à gérer », commente Daniel Duquenne, le premier édile élu en juillet. W