Après l'évacuation, le désamiantage commence

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La police nationale serait-elle débordée à Calais ? Elle reçoit en tout cas du renfort pour faire régner l'ordre : la police municipale et... une société de gardiennage privée.

D'après certains témoignages, les municipaux participeraient parfois à des contrôles d'identité. « Ce n'est pas illégal, mais aucune consigne n'a été donnée en ce sens », affirme la mairie de Calais. Légal, certes, mais à condition de faire respecter un arrêté municipal. Ce qui, visiblement, n'est pas le cas. L'autre coup de main est plus surprenant : une société de gardiennage privée calaisienne surveillait, hier, la maison dite « des éclusiers », évacuée le matin même par la police. Contactée pour savoir qui avait loué ses services, l'entreprise botte en touche : « On nous a demandé la plus grande discrétion. »

Après enquête, le commanditaire serait la Socarenam, entreprise de construction navale régionale, qui doit s'installer prochainement sur le site, propriété du conseil régional. Le 30 mars, décision avait été prise par la région de détruire ce bâtiment. Concours de circonstances ou non, la région et Socarenam ont donc attendu l'expulsion des migrants, décidée par le préfet, pour lancer le chantier.

« Il faut que le site soit gardé, car des travaux de désamiantage sont nécessaires avant que le bâtiment soit détruit », annonce la région. Aucun calendrier précis, mais visiblement, maintenant que les Erythréens squatteurs sont partis, ça devrait aller vite. W

G. D.