Le CHRU de Lille fait exception, faute de décret

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Quatorze mille salariés, deux stations de métro, sept lignes de bus : à première vue, le site du CHRU est l'endroit idéal pour appliquer la prime transport. Mais, il y a un hic. « On n'a pas bien compris pourquoi. Mais, le CHRU ne peut pas appliquer la loi. C'est dommage, nous devons attendre », explique-t-on à la communauté urbaine. La direction du CHRU indique que, faute de décret d'application de la loi, le personnel ne peut pas bénéficier du dispositif. Pour les salariés, la pilule ne passe pas. « Voilà maintenant dix mois que la question est à l'ordre du jour au comité technique d'établissement », témoigne Jean-François Bourse, délégué de la CGT. « C'est d'autant plus dommageable que l'hôpital connaît des problèmes de stationnement récurrents », note également une aide-soignante.

Freddy Serveaux,directeur des ressources humaines du CHRU, assure ne pas y mettre de la mauvaise volonté : « Dès qu'un décret sortira, nous l'appliquerons. » La situation est plus compliquée : c'est le ministère de la Santé qui a estimé qu'un décret spécifique devra être pris pour la fonction publique hospitalière. Ce qui n'était pas explicite dans la loi, comme l'a reconnu en février la Fédération hospitalière de France (FHF). Le décret, attendu pour mars, a été reporté « au troisième trimestre 2009 ». C'est-à-dire au plus tard à aujourd'hui. Freddy Serveaux reconnaît que « l'application aura un coût non négligeable. » « L'établissement étant, comme tous les hôpitaux de France, en déficit chronique, nous devons choisir nos combats », philosophe Jean- François Bourse. W

O. A.