une fin cousue de fil blanc

Thierry Butzbach

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La confection textile nordiste, c'est presque fini. Jeudi dernier, le tribunal de commerce de Boulogne-sur-Mer a prononcé la liquidation judiciaire du dernier atelier industriel de confection de la région, Artex. Un comité d'entreprise doit se tenir ce matin pour engager la procédure collective de licenciement. Après la filature, le tissage et la teinture, une nouvelle page de l'histoire textile locale se tourne.

Avec une moyenne d'âge de plus de 40 ans, le reclassement des 164 salariées d'Artex sera délicat. D'autant que les indemnités s'annoncent réduites. Malgré les années passées derrière la machine à coudre, « on va partir avec 150 euros par année d'ancienneté », calcule Anne-Catherine Becques, déléguée CFTC.

Spécialisé dans le réassort urgent (confection-livraison), Artex travaillait pour les grandes chaînes de distribution comme Etam, Promod ou Camaïeu. Depuis vingt ans, son principal atout était sa réactivité, basée sur une forte flexibilité industrielle. Au point que son carnet de commandes n'a jamais dépassé la semaine... La pression sur les prix a fait voler en éclats ce modèle alternatif aux importations. « Aujourd'hui, nos prix de revient sont 10 % plus cher que les prix de vente en magasin », affirme le PDG, Benoît Guy.

En mars, après le désistement de Pimkie, client historique représentant un tiers de son activité, Artex avait initié une procédure de sauvegarde pour geler ses dettes et alerter les pouvoirs publics sur son sort. Sans succès. « J'ai peur pour l'industrie », confie Benoît Guy. W