Chômage technique chez les intermittents

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Pas de culture sans intermittents du spectacle. Voilà six ans qu'on prédit leur mort. Ils sont toujours là. Leur changement de statut en 2003 avait nourri les craintes de la profession. Pour l'instant, le Nord-Pas-de-Calais, contrairement au reste de la France, n'a pas encore vu passer le vent des radiations massives. Au contraire, le nombre d'intermittents du spectacle a eu tendance à augmenter jusqu'en 2006. « L'effet Lille 2004 », souligne Pierre Gembala, responsable au Pôle emploi spectacle de Lille.

Le phénomène serait, néanmoins, en train de s'inverser à en croire les statistiques. « Le nombre d'intermittents reste à peu près stable, mais le volume d'activité par individu baisse de plus en plus », poursuit Pierre Gembala.

Plus inquiétant, ce ne serait plus des problèmes de formation ou de compétence qui pousseraient l'intermittent vers la sortie, mais bien le manque de projets culturels. Son portrait-robot : il a 34 ans et la retraite lui paraît bien loin. Autre chiffre frappant, la région ne comptait qu'environ 900 intermittents artistes (1 800 en tout) fin 2008, bien loin des régions Ile-de-France (40 000), Paca et Rhône-Alpes. « Ce sont des régions où se tiennent beaucoup de festivals, relativise Pierre Gembala. En revanche, une étude en collaboration avec la région avait montré il y a quelque temps qu'il existait davantage de lieux culturels et donc, davantage d'équipes de permanents ». La culture à deux vitesses, en quelque sorte. W

G. D.